Le salaire en contrat d’apprentissage dépend surtout de l’âge de l’apprenti et de l’année d’exécution du contrat. La règle paraît simple, mais une convention collective, un anniversaire ou une succession de contrats peuvent changer le montant. Voici comment lire la grille, estimer le net et repérer les cas qui améliorent la rémunération.
Points clés
- Le salaire en contrat d’apprentissage varie selon l’âge de l’apprenti et l’année de formation, avec des pourcentages du SMIC établis légalement pour chaque tranche d’âge.
- Un apprenti de 26 ans et plus perçoit au minimum 100 % du SMIC, ce qui constitue le salaire le plus élevé selon la grille légale.
- Les majorations peuvent augmenter le salaire d’un apprenti, notamment en cas de contrat raccourci d’un an sous conditions spécifiques.
- Le salaire brut annoncé peut différer du salaire net, surtout pour les contrats récents où l’exonération de cotisations est partielle, il est conseillé de demander une simulation de paie.
- La convention collective et les accords d’entreprise peuvent prévoir des salaires d’apprentissage plus favorables que le minimum légal.
- En cas de succession de contrats ou de changement d’année de formation, le salaire de l’apprenti doit au minimum respecter celui du contrat précédent, garantissant une progression de la rémunération.
Comment est calculé le salaire d’un apprenti ?

La rémunération d’un apprenti correspond à un pourcentage du SMIC mensuel brut ou, lorsqu’il est plus favorable, du minimum conventionnel applicable dans l’entreprise. L’employeur retient le montant le plus avantageux pour le salarié. Ce principe concerne les contrats conclus dans le privé : le secteur public applique des règles proches, avec certaines particularités.
Trois éléments déterminent le niveau de départ : l’âge au début du contrat, l’année de formation et la durée du cycle préparé. Un jeune de 19 ans en première année de CAP ne perçoit donc pas le même pourcentage qu’une personne de 24 ans qui begin un master en apprentissage. La branche professionnelle peut aussi prévoir une grille plus généreuse.
Le salaire est versé chaque mois, y compris pendant les cours au CFA. L’apprenti est un salarié à part entière : il bénéficie de congés payés, d’une protection sociale et des droits prévus par son contrat de travail. Son temps de formation fait partie de son temps de travail. Il ne doit pas être compensé par des heures supplémentaires invisibles, une confusion encore assez fréquente.
Grille du salaire minimum selon l’âge et l’année de formation

La grille légale fixe un plancher. Les pourcentages ci-dessous s’appliquent au SMIC brut en vigueur à la date de paie. Pour les apprentis de 21 ans et plus, il faut aussi comparer ce résultat au minimum conventionnel correspondant à l’emploi occupé, si ce dernier est supérieur.
Âge de l’apprenti | 1re année | 2e année | 3e année |
|---|---|---|---|
Moins de 18 ans | 27 % du SMIC | 39 % du SMIC | 55 % du SMIC |
18 à 20 ans | 43 % du SMIC | 51 % du SMIC | 67 % du SMIC |
21 à 25 ans | 53 % du SMIC | 61 % du SMIC | 78 % du SMIC |
26 ans et plus | 100 % du SMIC | 100 % du SMIC | 100 % du SMIC |
Cette table aide à construire un budget logement, transport ou formation, mais elle ne remplace pas la lecture de la fiche de paie. Le SMIC évolue et certaines conventions collectives, notamment dans des secteurs techniques ou industriels, créent un salaire d’apprenti plus élevé. Le CFA, le service RH ou un conseiller en droit du travail peut identifier la convention applicable.
Quand le salaire augmente-t-il avec l’âge ?
Le changement de tranche d’âge prend effet le premier jour du mois suivant l’anniversaire. Une apprentie qui fête ses 21 ans le 12 avril passe donc, si elle est en première année, de la tranche 18-20 ans à la tranche 21-25 ans à compter du 1er mai. L’augmentation ne dépend pas d’un nouvel avenant : elle résulte directement de la règle légale.
La rémunération progresse aussi au passage dans l’année suivante du cycle : première, deuxième puis troisième année. Attention : l’année d’exécution du contrat ne recouvre pas toujours l’année scolaire. Une formation commencée en septembre peut ainsi générer une hausse à la date anniversaire du contrat, selon sa durée et son organisation. Le montant indiqué dans le contrat reste un minimum : l’employeur peut toujours verser davantage.
Les majorations et situations qui peuvent augmenter la rémunération
Une majoration de 15 points s’applique lorsque le contrat est conclu pour une durée réduite d’un an par rapport au cycle habituel, à condition que l’apprenti remplisse les conditions légales : diplôme ou titre de même niveau dans une spécialité proche, ou compétences permettant cette réduction. Ce cas est courant chez une personne qui intègre directement une deuxième année après étude de son dossier.
Exemple : un apprenti de 20 ans normalement rémunéré à 43 % du SMIC en première année peut atteindre 58 % du SMIC si cette majoration est justifiée. Elle ne s’ajoute pas automatiquement à toutes les formations accélérées. L’établissement de formation et l’employeur doivent vérifier le parcours et formaliser correctement la durée du contrat.
La convention collective peut prévoir une rémunération supérieure, tout comme un accord d’entreprise ou une politique salariale interne. Une prime de repas, de transport, d’intéressement ou de performance peut également compléter le salaire minimum légal, selon les règles applicables à tous les salariés. En revanche, une aide ponctuelle ne doit pas servir à masquer un salaire de base inférieur au minimum dû.
Salaire brut, salaire net, cotisations et impôt
Le montant de la grille est un salaire brut. Pendant longtemps, beaucoup d’apprentis percevaient un net presque identique au brut. Cette idée reste partiellement vraie pour les petits salaires, mais les règles de cotisations ont évolué : pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025, l’exonération de cotisations salariales est limitée à 50 % du SMIC. Au-delà, des retenues peuvent apparaître.
Concrètement, un apprenti majeur rémunéré au SMIC peut voir une différence sensible entre brut et net. La fiche de paie détaille le salaire brut, les cotisations, le prélèvement à la source éventuel et le net à payer. Comparer uniquement le montant annoncé dans l’offre peut donc induire en erreur. Le bon réflexe consiste à demander une simulation de paie au recruteur, surtout pour un contrat à 26 ans ou plus.
Pour l’impôt sur le revenu, les salaires d’apprentissage bénéficient d’une exonération dans la limite du montant annuel du SMIC. La fraction qui dépasse cette limite doit être déclarée. La situation fiscale du foyer, les autres revenus et le prélèvement à la source restent importants. Un apprenti rattaché au foyer parental doit aussi comparer les effets du rattachement avec une déclaration séparée, sans décider au hasard.
Cas particuliers : succession de contrats, licence, handicap et convention collective
En cas de succession de contrats, le salaire ne repart pas forcément au niveau le plus bas. Lorsqu’un apprenti signe un nouveau contrat pour préparer un diplôme de niveau supérieur, sa rémunération doit au minimum respecter celle de la dernière année du contrat précédent, sauf si l’application de la nouvelle grille est plus favorable. Cette règle protège un jeune qui poursuit vers une licence professionnelle, un bachelor ou un master.
Une personne qui enchaîne deux contrats pour obtenir le même niveau de diplôme peut relever de règles différentes selon le parcours et l’employeur. Le changement d’entreprise ne doit pas faire oublier le maintien de rémunération éventuellement acquis. Avant signature, il est utile de remettre les anciens contrats au nouveau service RH et de demander le calcul par écrit.
Pour un apprenti en situation de handicap, la durée du contrat peut être aménagée ou prolongée. Cette prolongation ne doit pas entraîner une baisse arbitraire de la rémunération : le cadre légal et le projet individualisé doivent être examinés avec le CFA, l’employeur et les organismes compétents. Les aides à l’insertion peuvent aussi faciliter l’adaptation du poste.
Enfin, la convention collective reste le document décisif lorsque ses minima dépassent la loi. Son intitulé figure sur le bulletin de paie. Avant d’accepter une offre, l’apprenti a intérêt à vérifier trois points : le pourcentage prévu, le minimum conventionnel et la date exacte de la prochaine hausse liée à l’âge ou à l’année de contrat. Ces vérifications prennent quelques minutes et peuvent éviter plusieurs mois de sous-rémunération.
Questions fréquemment posées sur le salaire en contrat d’apprentissage selon l’âge
Comment est calculé le salaire d’un apprenti en fonction de son âge ?
Le salaire d’un apprenti est un pourcentage du SMIC brut ou du minimum conventionnel, selon l’âge et l’année de formation. Par exemple, un apprenti de moins de 18 ans perçoit entre 27 % et 55 % du SMIC selon son année d’apprentissage.
À quel moment le salaire d’un apprenti augmente-t-il avec l’âge ?
Le passage à une tranche d’âge supérieure qui entraîne une augmentation salariale prend effet le premier jour du mois suivant l’anniversaire de l’apprenti. Cette hausse dépend aussi de l’année scolaire en cours et peut être accompagnée d’une progression au fil du cycle d’apprentissage.
Peut-on percevoir un salaire d’apprentissage supérieur au minimum légal selon l’âge ?
Oui, certaines conventions collectives, accords d’entreprise ou politiques internes peuvent offrir un salaire plus élevé. Des primes comme celles de repas ou de transport peuvent également compléter la rémunération minimale pour les apprentis de tous âges.
Quelle est la différence entre salaire brut et net pour un apprenti majeur ?
Depuis mars 2025, l’exonération de cotisations salariales est limitée à 50 % du SMIC pour les apprentis majeurs, ce qui entraîne une différence plus visible entre salaire brut et net. La fiche de paie détaille ces retenues et le montant net réellement perçu.
Comment le contrat d’apprentissage peut-il être adapté pour un apprenti en situation de handicap ?
La durée du contrat d’un apprenti en situation de handicap peut être prolongée ou aménagée sans réduction arbitraire de salaire, conformément au projet individualisé. Des aides spécifiques facilitent aussi son insertion et adaptation au poste.
Quelles sont les règles spécifiques en cas de succession de contrats d’apprentissage ?
Lorsqu’un apprenti démarre un nouveau contrat pour un diplôme supérieur, sa rémunération minimale doit correspondre au moins à celle de la dernière année du précédent contrat, sauf si la nouvelle grille légale s’avère plus avantageuse, assurant ainsi une progression salariale cohérente.






